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Château de Cheverny

Château de Cheverny
Incontournable, toujours habité... découvrez la plus belle collection de meubles des Châteaux de la Loire.

Distance: 3 km (depuis le Château du Breuil)

 

A l’orée de la Sologne, au sud-est de Blois et tel qu’il se présente aujourd’hui, voici le Château de Cheverny qui, extérieurement, ne doit rien à la Renaissance. Il n’en est pas moins magnifique. Avec Chenonceau et Vaux-le-Vicomte, il est à cheverny château privé le plus somptueux de France par son mobilier et ses trésors artistiques. Une éblouissante leçon d’histoire de l’art. Mais, bien sûr, il n’a pas surgi du néant… A l’origine du Château de Cheverny, à la fin du XIIIe siècle, on rencontre une vieille famille blésoise, les Hurault. Elle est anoblie par Philippe VI, premier roi de la dynastie des Valois qui régnera sur la France pendant deux cent soixante ans. Les Hurault posséderont pendant quatre cent soixante-douze ans le château de cheverny  – jusqu’au moment où Napoléon subit la retraite de Russie, en 1812 – la terre de Saint-Denis-sur-Loire et Jean Hurault acquiert celle de cheverny à la fin du XIVe siècle. Elle passe aux mains de Jacques Hurault, gouverneur de Blois, au début du XVIe siècle. Il a occupé de hautes charges administratives et financières sous les règnes de Louis XI, Charles VIII et Louis XII. Ce dernier autorise le fils Hurault, Raoul, à édifier un premier château à cheverny, mi-forteresse, mi-château de plaisance, peut-être commencé du vivant de son père et dont une trace subsiste dans les communs actuels du Château de Cheverny.
 
Dès son avènement, François 1er entreprend un vigoureux assainissement des habitudes douteuses des financiers, et surtout des créanciers, de la monarchie. Le roi, furieux, est sans pitié car l’autorité royale est hypothéquée. Le beau-père de Raoul Hurault, Semblançay, coupable de malversations, est pendu au tristement célèbre gibet de Montfaucon. Le gendre est ruiné, mais il se sent encore menacé par le courroux royal. Pour se faire oublier, il part guerroyer en Italie et meurt sous les murailles de Naples, toujours revendiquée par les Valois, successeurs des ducs d’Anjou.
Sa veuve, subissant le châtiment financier des familles impliquées dans des détournements de fonds au préjudice de la Couronne, est ruinée elle aussi. Elle est donc forcée de vendre le fief de cheverny à un aumônier du roi Henri II qui le cède, en 1551, à la somptueuse et légendaire maîtresse du roi, Diane de Poitiers, qui a déjà reçu Chenonceau…  Elle reste propriétaire de cheverny jusqu’en 1565, vendant alors cheverny aux fils du défunt Raoul Hurault ; à cette époque, elle a déjà été contrainte d’échanger Chenonceau contre Chaumont-sur-Loire mais s’est, en fait, retirée à Anet. Entre alors dans l’histoire un nom essentiel, auquel cheverny est toujours associé, celui des Vibraye. Signalons une spécificité du domaine de cheverny : si les propriétaires d’origine ont été évincés, pour les mêmes raisons d’épuration financière qu’à Chenonceau et Azay-le-Rideau, ici c’est la même famille qui a pu reprendre ses terres et bâtir un nouveau château. Si cheverny n’a jamais été un château royal, il raconte la belle histoire d’une dynastie familiale, toujours présente et aux commandes du seul château réellement achevé du Val de Loire.
 
 
Henri IV exile le mari trompé qui avait obligé son épouse infidèle à s’empoisonner…
Jacques Hurault, seigneur de Vibraye, et son frère Philippe sont les maîtres du domaine du Chateau de Cheverny. En 1586, la seigneurie est érigée en comté de cheverny pour Philippe, gouverneur de l’Orléanais et du pays de Chartres puis chancelier de France, c’est-à-dire garde des Sceaux d’Henri III puis d’Henri IV. Jusqu’à sa mort, en 1599, il est l’un des conseillers les plus fidèles et les plus écoutés du premier roi de la dynastie des Bourbons. Son fils, Henri, qui avait reçu le comté du vivant de son père, en 1596, avait épousé, en 1589, une demoiselle Françoise Chabot, âgée de onze ans… Rapidement, la (très) jeune femme trompe son époux. Cette infidélité, répétée, est notoire et la Cour du « Vert Galant » s’en amuse. Un soir de 1602, Henri IV se permet une plaisanterie aux conséquences tragiques. Le roi, d’humeur facétieuse comme souvent, et peut-être pour se délasser de la conspiration de son vieux compagnon le maréchal de Biron, passe derrière Henri Hurault et, au-dessus de sa tête, dispose deux doigts formant une corne… Le geste est sans équivoque, l’allusion plus que claire : ce pauvre Hurault est encore cocu ! Et que le roi le lui rappelle est insupportable ! Aussitôt, le mari outragé est à cheval et rejoint son Château de Cheverny – le cheverny actuel n’est pas encore construit – au grand galop. Il arrive juste à temps pour voir un page sauter d’une fenêtre, celle de la chambre de son épouse. L’amant se reçoit mal : il se casse une jambe ! D’un coup d’épée, le mari l’achève. Mais sa colère est loin d’être apaisée. Il rejoint la coupable et lui annonce qu’elle doit mourir. Grand seigneur, si l’on peut dire, il lui donne le choix du moyen de s’ôter la vie « soit par le fer, soit par le poison. En présence d’un confesseur, la comtesse but la fiole que lui tendait son époux et périt dans la nuit » à cheverny château. Puis, ayant vengé son honneur dans le sang, le comte de cheverny rejoint le roi. Henri IV, comprenant alors que son esprit gaulois avait provoqué un drame, exile ce courtisan impulsif sur ses terres de cheverny … Un adultère ? C’est si courant ! Mais quand il est suivi du suicide forcé de la coupable, le roi n’avait plus envie de rire de ce qui avait fait rire autour de lui…
 
 
Le Château de Cheverny, un superbe exemple de l’invention du style Louis XIII.
en 1604, Henri Hurault se remarie. Sa seconde épouse, Marguerite Gaillard de la Morinière, une voisine, lui donnera sept enfants. Avec elle, il entreprend la construction du Château de Cheverny actuel, bâti en trente ans, jusqu’en 1634. Marguerite oriente les travaux de cheverny vers le classicisme naissant de ce début du XVIIe siècle. Sans le savoir, cheverny sera l’un des premiers superbes exemples du style Louis XIII. L’ensemble du Château de Cheverny est composé de cinq corps de bâtiments. Aux extrémités du château de cheverny, les toits des deux pavillons sont en dôme tandis que les trois corps de logis sont recouverts de toits dits à double poinçon, c’est-à-dire à pan coupé. L’harmonie est partout au Château de Cheverny ; les cheminées, par exemple, sont parfaitement symétriques. La décoration intérieure de cheverny comporte des éléments empruntés à la Renaissance comme les tableaux enchâssés dans les boiseries ou des murs tendus de cuir de Cordoue dans la salle à manger de cheverny.
Les deux constructeurs ne profitent guère de leur château de cheverny. Marguerite disparaît un an après l’achèvement des travaux extérieurs, en 1635, et son mari, dont le petit salon conserve un unique portrait à cheverny, en 1648.
 
 
Selon la Grande Mademoiselle, le Château de Cheverny est un « palais enchanté ».
La seconde fille d’Henri, Elisabeth, poursuit la décoration des appartements de cheverny. La réputation d’élégance et de raffinement de cheverny attire plusieurs importants visiteurs dont André Félibien, architecte et proche de Nicolas Poussin. Il est l’un des brillants représentants du style classique développé sous Louis XIV. En connaisseur, il admire autant le Château de Cheverny que ses trésors. Une autre voisine, la Grande Mademoiselle, nièce de Louis XIII et cousine de Louis XIV qui aurait pu être reine, visite le Val de Loire de château en château et déclare que le Château de Cheverny est un « palais enchanté ».


www.chateau-cheverny.fr
 


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